Le Barça piétine...
Et le Real Madrid semble bien lancé sur l'autoroute qui mène
vers le titre. Les Catalans ont certainement assisté à la
superbe victoire des hommes de Bernd Schuster sur l'une des
pelouses les plus difficiles du championnat : El Sardinero,
antre du Racing Santander, équipe révélation de la Liga
2007-2008 qui pointe son nez à la cinquième place du
classement, à une unité de la Ligue des Champions. Mêlés à
la meilleure défense possible, les buts de Raúl et d'Higuaín
ont permis à Madrid de s'imposer 0-2.
Pourtant, les supporters
étaient inquiets car le meilleur passeur du championnat,
Guti, était absent pour ce match capital, sans doute le
déplacement le plus difficile d'ici la fin de la saison.
Mais Bernd Schuster pouvait enfin réaligner cette défense
qui avait séché les attaquants du Barça avant Noël. A chaque
fois qu'elle est en place sur le terrain (les blessures et
les suspensions ont fait que cette ligne défensive a à peine
pu être utilisée par Bernd Schuster), la défense
Ramos-Pepe-Cannavaro-Heinze se montre intraitable. On
connaît l'énorme potentiel de l'Espagnol, la qualité du
Portugais ne cesse de surprendre et l'affinité entre
l'Italien et l'Argentin se ressent sur le terrain. Avec
cette muraille devant lui, Casillas peut être tranquille.
Ajoutons à cela les muscles de Mahamadou Diarra et le
toucher de Fernando Gago au milieu du terrain: le rempart du
Real Madrid est mis en place.
En attaque, Bernd
Schuster répète le quatuor qui est venu à bout du Real
Murcie la semaine précédente: Sneijder en chef d'orchestre,
Robben et Robinho sur les flancs et Raúl devant les buts
adverses.
Alors
que tout le monde s'attendait à un faux-pas madrilène, les
hommes de Schuster ne tardent pas à s'emparer contrôle du
jeu et montrent une surpuissante envie de soulever le
trophée le plus rapidement possible. Emmenés par un Wesley
Sneijder étincelant, ils inscrivent le premier but de la
soirée à l'issue du premier quart d'heure. Le Néerlandais
décale Robinho sur le flanc gauche. Le Brésilien, en baisse
de forme depuis quelques temps, décroche un centre vicieux
que Toño s'apprête à réceptionner. Mais le capitaine Raúl
surgit de nulle part et effleure le ballon, juste le
nécessaire pour dévier la trajectoire du ballon et
surprendre le gardien. 0-1: le match débute de la meilleure
manière possible.
Cette ouverture du score
permet aux madrilènes de voir venir. Pourtant, ils gardent
le ballon avec autorité. Mais le Racing Santander, connu
pour sa qualité offensive, ne baisse pas les bras et dispose
de deux belles occasions avant la mi-temps, notamment grâce
à la belle vision de jeu de Duscher. C'est d'abord Mémé
Tchité, l'ex-anderlechtois, qui manque sa chance devant
Casillas. Avant de rejoindre les vestiaires, Cesar Navas
décroche une tête qui rebondit à quelques centimètres du
montant. Signalons que l'arbitre aurait pu siffler une main
de Diarra dans le grand rectangle, mais la faute était peu
évidente. L'action du Malien est involontaire, et il a fallu
plus de trois ralentis pour remarquer que le milieu défensif
touche le ballon du bras.
Les quinze minutes de
pause permettent à Madrid de se ressaisir. La seconde
mi-temps débute comme la première, avec un grand contrôle
madrilène devant le public du Sardinero. Les joueurs du
Racing peinent à arriver devant la cage d'Iker Casillas. Le
grand responsable de ce manque d'efficacité offensive est
l'Argentin Gabriel Heinze. Une nouvelle fois, le défenseur
s'est montré exceptionnel et ultra-rapide dans ses tâches
défensives.
Comme
à son habitude, le Real fonctionne à la contre-attaque.
Robben aurait pu tuer le match et rassurer les siens bien
avant le coup de sifflet final. Lancé par son compatriote
Sneijder, le Néerlandais volant se présente seul face à Toño
dans une situation idéale: sans défenseur, devant un gardien
tremblant et avec un ballon qui rebondit à la bonne hauteur.
Pourtant, la volée de Robben passe à côté. Les supporters
madrilènes s'inquiètent. Quelques instants plus tard,
Gonzalo Higuaín semble inscrire le second but de la soirée,
mais l'arbitre l'annule pour une faute inexistante de Raúl.
Indignés, les madrilènes bénéficieront à leur tour d'une
erreur arbitrale quelques seconde plus tard, quand Fabio
Cannavaro enlace Tchité dans le grand rectangle sur corner.
Mais à la 93ème minute, Higuaín récidive en inscrivant le
dernier but de la soirée et prouve ainsi qu'il a un grand
avenir devant lui au sein du Real Madrid.
Les
joueurs célèbrent ce dernier but comme s'ils avaient déjà
remporté le Championnat. La solidarité qui règne au sein de
cet effectif madrilène était palpable. L'époque des
galactiques est réellement jetée aux oubliettes. Fabio
Capello a su forger de nouvelles valeurs que Bernd Schuster
a renforcées: le sacrifice pour l'équipe et la force
mentale. Aucun joueur ne se sent au dessus des autres, et le
bloc collectif du Real Madrid semble inarrêtable. Le chemin
vers la conquête de la Liga est tracé. Si le Barça et
Villareal ne gagnent pas la semaine prochaine et si le Real
s'impose face à Bilbao au Santiago Bernabeù, les merengues
soulèveront leur deuxième Liga consécutive.
Fiche technique:
Racing Santander: Toño, Ayoze, C.Navas, Moraton,
Pinillos, Colsa (81' Orteman) , Duscher, J.Lopez, Serrano
(56' Smolarek), Munitis (65' Pablo Alvarez), Tchité.
Real Madrid: Casillas, S.Ramos, Pepe, Cannavaro, Heinze,
Diarra, Gago, Sneijder (89' Baptista), Robben (83' Balboa),
Robinho (75' Higuaín), Raúl.
Buts: Raúl (13'), Higuaín (93')