Le
Real Madrid a remporté son 31ème titre de champion d'Espagne
au cours d'une soirée exceptionnelle. La victoire de
Villareal face à Getafe en début de soirée obligeait les
madrilènes à s'imposer sur le difficile terrain d'Osasuna
pour se voir sacrés avant la venue du Barça mercredi soir au
Santiago Bernabeu. Menés à la 82ème minute de jeu, les
hommes de Schuster ont fait preuve d'une volonté et d'un
courage exceptionnels afin d'aller chercher la victoire
grâce à des buts d'Arjen Robben et Gonzalo Higuaín à une
minute du terme. Au coup de sifflet final, les Merengues
exultent et laissent exploser leur bonheur devant le public
électrique du Reyno de Navarra, étonnement respectueux
devant la consécration des joueurs de la capitale. En fin de
soirée, le Real Madrid a rejoint la place Las Cibeles pour
partager ce moment intense avec les supporters.
Pourtant, la tâche
s'annonçait compliquée en début de soirée. Schuster aligne
une équipe assez classique au vue des dernières semaines.
Casillas dans les buts, Ramos, Cannavaro, Pepe et Heinze en
défense, Diarra en récupérateur, Gago et Sneijder devant
Robben, Raúl et Saviola en attaque. La première période est
assez sobre: les deux équipes se respectent et le danger est
rare pour les gardiens de but. Une frappe surpuissante de
Mahamadou Diarra et une action subtile de Saviola inquiètent
Ricardo. De l'autre côté, c'est l'ex-madrilène Javier
Portillo qui alerte Iker Casillas. A part le missile du
Malien, ces occasions ne sont pas bien dangereuses.
Dès le retour des
vestiaires, les échanges se musclent et la seconde période
commence par l'expulsion de Fabio Cannavaro. Exemplaire tout
au long de la saison, le brillant défenseur italien s'était
promis de ne pas rejoindre prématurément les vestiaires
cette saison. Il aura presque tenu parole, mais un second
carton jaune pour une action sur l'ex-monégasque Plasil lui
a fait perdre son pari. Réduits à dix, les hommes de
Bernd Schuster voient la conquête du titre de plus en plus
difficile. Les cartes jaunes se succèdent et les occasions
se font rares. Wesley Sneijder rappelle que l'on joue au
football en milieu de seconde période. En dehors de la
surface et entre quatre défenseurs, il surprend tout le
monde en décrochant un superbe lob qui trompe Ricardo, trop
avancé. Mais la chance était du côté des joueurs locaux car
le ballon s'écrase sur la transversale.
Obligé de redynamiser
ses troupes, Bernd Schuster apporte du sang frais en faisant
monter au jeu l'homme en forme de cette fin de saison:
Gonzalo Higuaín. 'Pipita' remplace son capitaine Raúl.
Excellent durant l'ensemble de la saison, le '7' est plus
discret depuis quelques semaines. La partie s'enflamme et
les madrilènes partent à l'attaque. Pourtant, à la 82ème
minute de jeu, Gabriel Heinze va commettre l'irréparable et
donner vie à ses adversaires. Sur un corner apparemment
inoffensif, il dévie le ballon de la main, le bras tendu au
dessus de sa tête. L'arbitre siffle ce penalty indiscutable
mais pardonne la seconde carte jaune à l'Argentin. De son
côté, Puñal ne tremble pas et réalise le contre-pied
parfait. Osasuna mène 1-0.
A
Madrid, Ramon Calderon donne l'ordre de démonter
l'installation de la Place Cibeles, où devait avoir lieu
l'éventuelle célébration. Mais c'était sans compter sur la
volonté de ses joueurs. Cinq minutes plus tard, Gonzalo
Higuaín lance un superbe coup franc sur la tête de Robben.
Volontaire, le Néerlandais gagne son duel et propulse le
ballon au fond des filets. Égalisation inespérée mais
méritée du Real Madrid. A peine deux minutes s'écoulent et
Diarra récupère la balle. Le Malien parcoure une bonne
partie du terrain, subit une faute à l'entrée de la surface
mais le ballon atterrit dans les pieds de Ramos. Lucide, le
défenseur lève le ballon pour décaler Higuaín sur la droite.
Critiqué pour son manque d'efficacité, 'Pipita' se trouve
devant le moment le plus important de sa jeune carrière. La
balle rebondit devant lui, et en moins de temps qu'il ne
faut pour le dire, il décroche une magistrale demi-volée qui
mystifie Ricardo. But! La perle argentine laisse exploser sa
joie et le banc madrilène se lève comme un seul homme. Le
Real s'impose 1-2.
Alors
qu'on craignait une multitude de sifflets, le public
d'Osasuna s'est montré très respectueux devant la
célébration des joueurs madrilènes. Euphoriques, tous
s'embrassent pour fêter ce 31ème titre de Liga. Mais
conscients du léger désavantage de l'emporter loin de
Madrid, ils ne tardent pas à rejoindre la capitale, où les
attendent des milliers de supporters. De retour chez eux,
les joueurs se baladent dans les rues grâce à l'autocar
décoré pour l'occasion. A trois heures du matin, le
capitaine Raúl réalise le geste mythique: monter sur la
fameuse statue de Las Cibeles afin de lui faire partager la
joie de tout un club. La statue s'est vue coiffée de deux
écharpes à l'effigie du Real Madrid. Tous les joueurs
chantent avec les drapeaux de leurs pays respectifs.
L'amitié qui règne dans l'effectif est palpable. Cela
explique en partie la conquête du championnat.
Mais la saison n'est pas
finie et la fête prend fin. Dès mercredi, le Real reprend la
compétition... face au FC Barcelone. C'était sans doute le
scénario que les catalans voulaient éviter à tout prix: se
voir obligés de faire la haie d'honneur à leur éternel
rival. Mais tout porte à croire que les hommes de Rijkaard
se comporteront en professionnels. Cependant, la presse
catalane affirme que Deco et Eto'o ont forcé le cinquième
carton jaune pour éviter cette humiliation suprême...