En pleine foulée pour remporter la Liga, la Ligue des
champions et le titre de Pichichi, l’avant-centre camerounais
donne la pleine mesure de son talent dans la formation catalane.
Deux titres de Meilleur joueur africain
(2004 et 2005), la Liga et la Super Coupe d’Espagne remportées
l’année dernière et une performance de dauphin au classement des
buteurs de l’édition précédente du championnat du royaume
ibérique avec 24 réalisations. Tel est le bilan de Samuel Eto’o
Fils depuis qu’il arbore le maillot bleu et grenat. Ces
récompenses peuvent s’accroître dans les prochaines semaines,
car Eto’o et Barcelone sont en pôle position dans la Liga
espagnole et dans la compétition européenne. En dix ans de
football professionnel, le Camerounais de 25 ans n’a jamais été
autant efficace. Plein feu sur le parcours de l’actuel meilleur
artificier de la Liga espagnole.
Déjà
promis à un avenir radieux par les spécialistes du football de
son pays, après ses prestations en deuxième division
camerounaise et pendant les rencontres de la coupe nationale
avec Ucb de Douala en 1995, le jeune footballeur de 14 ans
bénéficie d’un concours de circonstance un an plus tard pour
atterrir au Real de Madrid. « J’ai été approché par les
dirigeants du Real à Abidjan après un match entre la sélection
nationale junior du Cameroun dans laquelle j’évoluais et celle
de la Côte d’Ivoire au sein de laquelle jouait Bonaventure Kalou.
C’est lui que les responsables madrilènes étaient venus
superviser. Il avait d’ailleurs été très bon lors de ce match
durant lequel il avait inscrit deux buts. Mais moi aussi j’avais
été brillant, car j’avais marqué à deux reprises malgré notre
défaite (5-3). A la fin de la rencontre les émissaires du Real
de Madrid ont pris contact avec les dirigeants de mon club, Ucb
de Douala. C’est ainsi que quelques jours plus tard je me
retrouvais dans les rangs de la formation la plus titrée du
monde ».
Le génie étouffé à
Madrid
Pendant la saison (1996-1997) « petit Milla »
peaufine son apprentissage du football professionnel avec
l’équipe réserve de la formation madrilène. Lors de la suivante,
il est prêté à Leganes en D2 espagnole où il dispute 28 matchs
et trouve trois fois les filets adverses. Sa régularité en club
séduit le sélectionneur des Lions indomptables Claude Leroy, qui
le retient parmi les 22 sélectionnés pour la Coupe du monde 1998
en France. A 17 ans 3 mois et quelques jours, Eto’o entre dans
l’histoire du football camerounais comme le plus jeune joueur à
avoir disputé une rencontre dans une phase finale de Coupe du
monde, lorsqu’il entre en jeu contre l’Italie.
Malheureusement, son nouveau statut
d’international senior n’accélère pas son ascension à son retour
au Real de Madrid pour la saison (1998-1999). Cirant
régulièrement le banc de touche, le Lion indomptable se console
tout de même en disputant son premier match de Liga espagnole à
18 ans. Moins invisible sur les pelouses avec le maillot blanc
de septembre 1999 à début janvier 2000, Samuel Eto’o dispute
deux empoignades en championnat d’Espagne et trois
confrontations en Ligue des champions. Suffisant pour convaincre
l’entraîneur de la sélection camerounaise Pierre Lechantre. Le
technicien français l’incorpore dans son groupe pour la Can 2000
au Ghana et au Nigeria. Doublure de son coéquipier Joseph Désiré
Job à l’entame de la compétition, Eto’o devient titulaire dès le
deuxième match de poule contre la Côte d’Ivoire et conduit son
équipe nationale à la victoire finale grâce à ses quatre buts
dans la compétition.
Le nouveau depart
Auréolé
de son statut de champion d’Afrique des nations, le jeune
camerounais ne rentre pas au Real de Madrid où il joue très peu.
Pour plus de temps de jeu, il prend plutôt la direction de
l’homonyme de Majorque en février 2000 sous la forme d’un prêt.
Au sein de la formation des Baléares, Fils Samuel est tout de
suite un maillon essentiel. La révélation de la Can 2000 ouvre
son compteur de but en Liga : six artifices en douze matchs en
moins de quatre mois. En septembre de la même année à Sydney en
Australie, Eto’o s’offre l’équipe olympique espagnole et
remporte la médaille d’or de football des Jeux olympiques avec
les Lions Espoirs du Cameroun. Auparavant, les dirigeants de la
formation insulaire du sud de l’Espagne ont prolongé son prêt.
Lors de la saison (2000 – 2001) le natif de Nkon (village
camerounais) catapulte onze fois le cuir au fond des filets en
28 matchs de championnat et propulse le Real Majorque en Ligue
des champions.
Appartenant désormais à la fois à la maison
blanche madrilène et aux rouge et noir des Baléares, avec
cependant un privilège au club de la capitale, Samuel Eto’o
demeure dans les rangs de la formation sudiste espagnole après
l’accord de l’été 2001. Moins prolifique en championnat ibérique
que lors des précédentes saisons, l’attaquant camerounais ne
marque que six buts en trente matchs de Liga. Dans la plus
prestigieuse compétition de clubs, il loge deux buts en six
rencontres. Malgré ces réalisations, le Real Majorque est
éliminé du tournoi européen mais est tout de même reversé en
coupe de l’Uefa grâce au troisième rang qu’il a occupé dans son
groupe au terme du premier tour de la Ligue des champions. Dans
le tournoi Uefa, le Lion indomptable trouve une fois l’ouverture
en deux empoignades. Sans oublier qu’en février 2002 il est
sacré champion d’Afrique des nations pour la deuxième fois
consécutive avec la sélection camerounaise à Bamako au Mali. En
juin, il dispute au Japon sa deuxième Coupe du monde, alors
qu’il n’a que 21 ans.
Avalanche de titres
Uniquement
sacré sur la tunique vert rouge jaune, Samuel Eto’o goûte aux
premiers délices d’un titre en club au terme de la saison
(2002-2003). Quatorze fois buteurs en trente rencontres de Liga,
Eto’o remporte la Coupe d’Espagne avec le Real Majorque en juin
2003, avec plusieurs réalisations à son actif durant le parcours
de son équipe. Juste un jour après son premier titre ibérique,
il est finaliste de la coupe des Confédérations avec les Lions
indomptables au stade de France. A partir de cet instant, les
plus grands clubs européens se l’arrachent. Mais l’ancien
pensionnaire de l’Ecole de football Brasseries du Cameroun joue
encore une saison supplémentaire en rouge et noir. Plus que
jamais buteur, l’ancien joueur de Avenir de Douala marque dix
sept fois en trente deux rencontres de championnat espagnole et
fait bouger quatre fois les filets en sept matchs de coupe Uefa
à l’issue de la saison (2003-2004). Entre-temps en avril 2004,
il est sacré pour la première fois Ballon d’Or africain pour le
compte de l’année 2003.
Conscients de l’énorme talent de Samuel
Eto’o, les dirigeants du FC Barcelone l’enrôlent à l’été 2004.
Comme un poisson dans l’eau, le meilleur footballeur africain
s’acclimate rapidement au jeu barcelonais. 24 buts en trente
sept matchs de Liga valent le titre de champion aux Blaugranas
en mai 2005, quelques mois après l’élimination en Ligue des
champions. Il marque tout de même quatre fois en sept rencontres
dans cette dernière compétition. Double buteur lors des deux
confrontations face au Betis Séville, le footballeur
camerounais permet au club mythique club de la Catalogne de
remporter la Super coupe d’Espagne en août 2005. Solide leader
du championnat espagnole en cours, toujours en lice en
champion’s league et actuel Pichichi (meilleur buteur de la
Liga) Eto’o file vers un triplé historique.